mercredi 22 juillet 2015

Compte rendu de mon premier 10 km, suite et fin!

A force de lire les récits de courses de blogueuses comme moi, je me suis convaincue qu'à chaque course de 10 km, il y avait des sas de départs, en fonction de la durée de la course qu'on visait suite aux entraînements.

Eh bien, à cette course, point de sas: je me trouve coincée au milieu du peloton, telle une sardine!

Remarque chère lectrice, cher lecteur, ma culture musicale!
 
Je ne vois pas le début, je ne vois pas la fin, je ne vois pas les côtés, impossible de bouger. Et je me demande ce que je fais là-dedans: ce n'est clairement pas une course bon enfant qui s'annonce, en tous cas ce n'est pas la sensation que j'en ai à ce moment-là.
 
"Me suis-je suffisamment entraînée? J'ai fait cette distance que 2-3 fois auparavant, ce n'est pas assez...J'ai visé le chrono lors de ces sorties, pour ne pas paraître ridicule lors de la publication des résultats...Et si je sortais de tout ce monde?"
 
Bon, je décide d'allumer et synchroniser ma montre chérie: avec toutes ces montres GPS autour de moi, ma montre a du mal à capter le signal GPS, j'attends j' attends (je suis patiente mais je stresse bien). Je me dis que je vais partir sans qu'elle ce soit synchronisée, la poisse: pourquoi n'ai-je pas anticipé toutes ces montres autour de moi? Je décide alors dans un geste de désespoir de lever mon bras bien haut, au-dessus de la foule. Et pour ne pas être bien ridicule, je fais semblant de m'étirer les bras... D'ailleurs j'avais bien remarqué que personne autour de moi ne cherchait à capter le signal GPS à ce moment-là, ils ont sûrement anticipé avec de rentrer dans la foule, il n'y a que l'expérience qui marche!
 
Ah, ça y est, j'ai été repérée par le satellite, j'ai capté le signal, hourra!!!
 
Le signal du départ, est donné, je l'entends mais je ne bouge pas, je ne peux pas, j'attends de pouvoir bouger. Ça y est, c'est parti, je passe par la ligne de démarcation au sol qui indique le départ, j'active ma montre.
 
Toute contente et inquiète, je cours, je cours et puis très rapidement je me rends compte que je voudrais aller un peu plus vite mais je suis freinée par des coureurs bien plus lents qui peinent déjà, j'essaye de doubler, mais je n'y arrive pas parce qu'à chaque fois que je suis sur le point de me déporter sur la droite ou la gauche pour doubler, d'autres coureurs me doublent. J'ai peur qu'ils me rentrent dedans si je déboite, en plus on n'a pas de clignotant, comment leur faire comprendre que je vais doubler, qu'ils fassent attention à moi?
 
Impossible, je fais du sur place pendant 1-2 kilomètres, j'enrage en silence; je me dis que mon chrono sera nul de chez nul, et qu'on ne manquera pas de me chambrer (c'est l'inconvénient quand vous avez une famille avec des sportifs, qui savent que vous participez à une course).
 
Je croise une copine, venue encourager les coureurs; son geste me fait le plus grand bien surtout que je la recroiserai à plusieurs reprises (elle s'est déplacée à plusieurs endroits du parcours qu'elle a déjà pratiqué auparavant). Ça y est, une montée bien raide dans une ruelle très étroite du centre ancien: je vois des coureurs s'arrêter de courir et marcher, c'est une hécatombe; je m'inquiète pour moi. Finalement, je la monte cette côte en courant, profitant de doubler les marcheurs.
 
J'arrive à la hauteur d'un copain, je fais l'erreur d'échanger quelques mots avec lui, juste après avoir monté cette côte: le point de côté s'installera à ce moment-là et ne me lâchera plus jusqu'à l'arrivée. Avec le recul, je m'en veux: je sais bien que lorsque je change de rythme, un point de côté arrive et j'ai du mal à le faire partir.
 
Je suis la parfaite illustration du dicton "Courir les yeux fermés"!
 
Le parcours en lui-même est très joli, on voit la plupart des monuments historiques de la ville, le problème c'est que face aux nombres de participants, ces ruelles étroites ne sont vraiment pas agréables: un entonnoir!
Qui dit course dans  le centre ancien d'une ville, dit aussi bornes en tout genre, des plots non escamotables. J'ai failli m'en prendre deux, en béton et bien basses (30-40 cm de hauteur) non signalées. Et lorsqu'on court les uns derrière les autres dans des rues étroites, on est plutôt collés les uns des autres, on n'a pas le recul nécessaire pour voir les dangers au niveau du sol.
 
Au bout d'une vingtaine de minutes, la course devient plus fluide, c'est plus agréable; mais plus de public, qui s'est agglutiné dans le centre. J'essaye de trouver du positif.
Lors du seul ravitaillement, je ne m'arrête pas mais me concentre plutôt à ne pas glisser sur les gobelets jetés par terre par les coureurs à la tête de la course. Et devant un tel spectacle je me demande pourquoi les organisateurs n'ont pas disposé de chaque côté de la rue des poubelles sur une certaine distance: ça fait moins de déchets à ramasser après, et c'est moins dangereux pour les coureurs qui passent derrière.
 
Ça y est un pont à monter, le bénévole placé là pour indiquer le sens est collé à l'écran de son smartphone: ce n'est pas lui qui dira quelques mots d 'encouragement avant d'affronter cette énième montée, ça me déçoit.
Depuis la première montée, je me cale sur la vitesse d'une coureuse que je connais de nom mais qui ne me connaît pas; ça me rassure de ne pas me laisser distancer, elle semble avoir à peu près mon niveau, c'est parfait pour moi.
 
Je croise chéri, je suis toute contente: ça me donne des ailes!
On remonte le pont dans le sens inverse après une belle boucle, et là c'est le drame: le point de côté est toujours là. La montée du pont a accentué cette douleur vive, et elle aura raison de ma motivation: je m'arrête de courir et je marche une bonne centaine de mètres: je suis déçue, j'aurais tant voulu ne pas m'arrêter...
Je reprends la course et nous passons dans un quartier dont les ruelles ne dépassent pas 3 mètres de large (j'exagère peut-être un peu), je me motive en me disant que l'arrivée n'est plus très loin; mais peine perdue je remarche encore. Ça y est, on quitte ce quartier et on arrive sur le boulevard de l'arrivée, je suis soulagée. Je regarde ma montre, pour la XXX fois, et je décide de sprinter pour rattraper un peu le temps perdu. A 100 mètres de l'arrivée, une violente nausée apparaît et je me rassure en me disant que c'est normal: en se donnant à fond, ça arrive assez souvent (on m'avait prévenue la veille de ce phénomène).
Ça y est, je la vois de plus en plus près, et je la franchis en
 
1 heure et 57 secondes!
 
Je suis contente, que ce soit fini, soulagée...
Je prends une bouteille d'eau et pas ces boissons de couleurs vives (jaune, rose ou bleu) et m'installe sur les bords pour encourager les autres coureurs; l'esprit sportif, c'est ça aussi: penser aussi à ceux qui arrivent derrière soi!
 
Avec le recul, je me demande si les deux pauses "marche" ainsi que la vitesse escargot du début de la course m'ont coûté ces 57 secondes en trop, par rapport au temps que j'ai visé à la base...
 
 

3 commentaires:

  1. Ca reste une très bonne expérience personnelle: je sais maintenant ce que ça implique comme entraînement avant, l'effort intense pendant, et la fierté que l'on ressent, après.

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  2. Super. Courir, c'est pas si facile, courage ! Bon entraînement

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